Traumatisme linguistic transgeneracional
Jean-Jacques Kress, professor a la Facultat de medecina de Brest, emet l'ipotèsi que lo traumatisme indusit per l'imposicion d'una lenga novèla a una populacion donada se perseguís plan al delai de las generacions directament pertocadas, amb consequéncias psicologicas inatendudas detzenadas d'annadas après.
Si la perte de la
langue est collective, personne en fait n’en porte directement le
poids. “Les grands parents parlent le breton, les parents sont
bilingues et les enfants ne parlent que le français. En fait, la perte
est intergénérationnelle. Elle diffuse dans l’inconscient et est donc
non brutale comme certains ont voulu le faire croire. On peut
néanmoins, en se fondant sur l’observation psychiatrique, préciser de
quelle nature est cette perte. On remarque en effet, nettement, une
difficulté plus grande d’expression portant tout particulièrement sur
l’affectif, les relations inter-humaines et la sensibilité
individuelle. C’est ce que nous appelons l’alexithymie. Il n’est pas
impossible que cela soit une composante de la tendance à la dépression
caractéristique des Bretons. Je n’ai pas d’exemple caractéristique en
Bretagne, mais j’ai plusieurs observations avec des Alsaciens. Je me
souviens en particulier de jeunes, incapables d’exprimer leurs
sentiments en français… Il suffisait de parler avec eux en alsaciens
pour les voir s’illuminer, devenir volubiles… Il n’y a pas de travaux
scientifiques sur ce sujet, mais cette supposition paraît bien étayée.
Comment les parents bretons (bilingues) ont-ils pu transmettre en
français, à leurs enfants, la dimension sensible et affective ? Très
difficilement. Le Professeur Kammerer déclarait : “il existe des
traumatismes étalés dans le temps, mettant en jeu des mécanismes
réactionnels communs aux effets de chocs et aux effets de frustration”.
Nous sommes ici devant une situation qui a occasionné des chocs et des
frustrations étendus sur plusieurs générations et qui a produit des
effets radicaux entre les générations elles-mêmes. Mais l’essentiel
n’est pas de prouver que les Alsaciens ou les Bretons ont été
traumatisés ; mais de mettre à jour des zones de souffrance qui auront
trouvé une langue pour les exprimer”.
Jean-Jacques Kress
Recuperat de :
http://www.espace-sciences.org/science/10065-sciences-ouest/20114-Annee-2001/10128-179/10346-dossier-du-mois/11423-etre-breton-88aa.html?/11430-de-la-langue-a-l-emotion/