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13 août 2007

Traumatisme linguistic transgeneracional

Jean-Jacques Kress, professor a la Facultat de medecina de Brest, emet l'ipotèsi que lo traumatisme indusit per l'imposicion d'una lenga novèla a una populacion donada se perseguís plan al delai de las generacions directament pertocadas, amb consequéncias psicologicas inatendudas detzenadas d'annadas après.


Si la perte de la langue est collective, personne en fait n’en porte directement le poids. “Les grands parents parlent le breton, les parents sont bilingues et les enfants ne parlent que le français. En fait, la perte est intergénérationnelle. Elle diffuse dans l’inconscient et est donc non brutale comme certains ont voulu le faire croire. On peut néanmoins, en se fondant sur l’observation psychiatrique, préciser de quelle nature est cette perte. On remarque en effet, nettement, une difficulté plus grande d’expression portant tout particulièrement sur l’affectif, les relations inter-humaines et la sensibilité individuelle. C’est ce que nous appelons l’alexithymie. Il n’est pas impossible que cela soit une composante de la tendance à la dépression caractéristique des Bretons. Je n’ai pas d’exemple caractéristique en Bretagne, mais j’ai plusieurs observations avec des Alsaciens. Je me souviens en particulier de jeunes, incapables d’exprimer leurs sentiments en français… Il suffisait de parler avec eux en alsaciens pour les voir s’illuminer, devenir volubiles… Il n’y a pas de travaux scientifiques sur ce sujet, mais cette supposition paraît bien étayée. Comment les parents bretons (bilingues) ont-ils pu transmettre en français, à leurs enfants, la dimension sensible et affective ? Très difficilement. Le Professeur Kammerer déclarait : “il existe des traumatismes étalés dans le temps, mettant en jeu des mécanismes réactionnels communs aux effets de chocs et aux effets de frustration”. Nous sommes ici devant une situation qui a occasionné des chocs et des frustrations étendus sur plusieurs générations et qui a produit des effets radicaux entre les générations elles-mêmes. Mais l’essentiel n’est pas de prouver que les Alsaciens ou les Bretons ont été traumatisés ; mais de mettre à jour des zones de souffrance qui auront trouvé une langue pour les exprimer”.


Jean-Jacques Kress

Recuperat de :
http://www.espace-sciences.org/science/10065-sciences-ouest/20114-Annee-2001/10128-179/10346-dossier-du-mois/11423-etre-breton-88aa.html?/11430-de-la-langue-a-l-emotion/


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